Réorientation, du droit à l'informatique

Questions-réponses

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Vanessa, j'ai 32 ans et suis aujourd’hui à mon compte.

Quel est votre parcours ? (Scolaire et professionnel).

Après le collège j'ai suivi au lycée une formation littéraire, malheureusement le lycée et moi n'ayant pas fait bon ménage pour diverses raisons, j'ai échoué au bac.

En 2006 j'ai alors opté pour une capacité en droit à Angoulême, un cursus en 2ans, en cours du soir permettant l'obtention d'un diplôme d’état et m'ouvrant la porte de la licence. Parallèlement à la première année j'ai retenté via le CNED et en candidat libre de repasser le bac…. Toujours sans succès.

J'ai suivi ensuite une licence de droit, obtenue en 2013. Je n'ai pas désiré poursuivre dans le droit j'ai alors monté mon entreprise d'informatique en 2015.

Quels souvenirs gardez-vous de vos années d’études ?

Hors la période lycée, ça a toujours été un plaisir pour moi de suivre des études. Mes plus belles années resteront toutefois celles à la fac, j'y ai rencontré des gens au top, des profs enrichissants. J'ai eu la chance d’être dans un petit centre universitaire.

Si vous pouviez revenir sur les bancs de la fac changeriez-vous quelque chose à votre méthode ? Si oui que changeriez-vous ?

La première année de licence je m’investirais sans doute un peu plus que je ne l'ai fait.

Quelles difficultés avez-vous eu et comment les avez-vous surmontées ?

Ma principale difficulté les premiers temps a été mon agoraphobie, je selectionnais les cours auxquels j'allais afin de pouvoir tenir en TD. Des étudiants ont majoritairement été compréhensifs et d'accord pour me passer les cours loupés. La différence d’âge en L1 a aussi été un peu pesante.

Quels sont vos conseils pour les futurs étudiants ?

De ne surtout jamais baissés les bras. Si une porte se ferme, il y a forcément une fenêtre ailleurs pour entrer (cf la capacité en droit par exemple). Un échec n'est jamais une fin en soit. Et puis surtout tout au long de l'année garder une vie sociale, il n'y a pas que les études qui font partis de la balance.

Vous vous êtes réorienté, quelles sont les raisons de cette réorientation ?

L'envie d’indépendance et ma passion première ont été plus forte. Je savais que c’était à ce moment là qu'il fallait le faire pas quand j'aurai des enfants. De plus même si j'adore le droit, j’ai toujours su que je n'irai pas plus loin, j’étais arrivé à saturation de ces années d’études.

Vous avez quitté le droit après la licence. Si c’était à refaire, iriez-vous en licence de droit ou partiriez-vous dans un autre domaine ?

Je referai exactement le même parcours tant pour les connaissances acquises que pour les relations humaines rencontrées.

Témoignage libre

En 2006 je loupais le bac et j'avais alors en Septembre 2006 deux choix :

  •  Retenter
  •  Faire autre chose

Et bien j'ai choisi de faire les deux parce que je me suis souvenue d'une minuscule ligne dans un bouquin d'orientation qui donnait le nom de "Capacité en droit" comme voie possible après le bac et qui m'avait interpellé. Je me suis alors renseignée par moi même sur ce que c'était, où, quand et comment. Bien sur j'avais dans l'idée après le bac de faire du droit, ce n'était pas non plus un pari fou.

Mais je ne pensais pas alors que ça allait changer ma vie!

Je poussais la porte de la capacité en droit en septembre et c'était parti pour des cours du soir, 3 fois par semaine en deux ans avec examen chaque année. En parallèle je m'inscrivais aussi au CNED pour repasser le bac en candidat libre... Je voulais retenter sans doute un défi personnel mais aussi ne pas avoir de regrets

En "capa" on était un petit groupe d'une vingtaine, tout horizon, tout âge, avec des objectifs différents... Droit civil, pénal, constitutionnel etc sont devenus mon quotidien tout comme mes cours du CNED. L'avantage de ce groupe hétérogène socialement c'est que chacun de nous a pu se nourrir des expériences. Et croyez moi en droit, l'expérience de chaque individu est indispensable pour envisager tous les points de vue d'un problème juridique

Puis juin 2007 c'est l'heure des examens, les deux formations... J'ai eu la chance d'avoir un prof responsable de capa qui a fait en sorte de fixer les dates en fonction de celles du bac et je peux vous assurer que c'est un avantage incroyable d'avoir cette proximité et écoute avec le corps enseignant. Angoulême le permet, chaque capacitaire pourrait le dire mais cet environnement est un vrai plus pour l'apprentissage.

Mais au delà de l'avantage pour le scolaire c'est aussi une cohésion de groupe qui se crée, mes compagnons de route m'ont tous soutenus dans ce double parcours. Quand un du groupe avait un coup de mou, sans réfléchir on essayait tous de se rebooster.

J'ai définitivement abandonné le bac après un nouvel échec ;je poursuivais en 2eme année de capa et le futur se redessinait!

Avec cette capa en poche je pouvais reprendre le cursus LMD "normal" mais avec en prime un bagage de droit pas négligeable! Mais surtout je pouvais enfin faire ce que j'ai toujours voulu faire.

J'ai suivi mes 3 années de licence à Angoulême et même si aujourd'hui j'ai changé de secteur d'activité, je n'en oublie rien. De ma création d'entreprise à aujourd'hui, le droit m'accompagne. Monter une société même simple c'est des pages d'administratif, des termes juridiques et mon parcours m'a permis d'y être plus attentive, j'en avais les bases juste avec la capa.

Parce que oui la capa c'est ça... C'est une ouverture sur plusieurs possibilités, c'est donner la chance à quelqu'un qui a pu pour x ou y raison se louper, c'est croire en ses rêves...

J'y ai vécu de jolis moments, j'y ai fait surtout de jolies rencontres, j'y ai vu toutes sortes de manière d'enseigner parce que c'est là un avantage d'Angoulême, on est un peu "comme en famille". Régulièrement encore on se retrouve pour s'entraider, se conseiller sur l'après capa, et simplement pour partager des moments de convivialité parce qu'une capacité en droit à Angoulême c'est aussi ça.

Je peux affirmer aujourd'hui, sans exagération que ça a été ma chance la capacité en droit. Sans elle, sans cette minuscule ligne en bas d'une page d'un livre d'orientation, dans une salle de lycée il y 12ans, et sans cette possibilité de la suivre à Angoulême, sans tout ça je n'aurai peut être jamais osé me lancer dans l'aventure de la création d'entreprise. La capacité en droit m'a permis d'avoir le bagage pour y croire. 

Note de la rédaction :

Cet article est, vous l'avez vu, rédigé en partie sous la forme d'une interview. Nous avons ainsi fourni les questions à notre invité qui a eu la gentillesse d'y répondre. Cette forme se répètera peut-être pour les témoignages des professionnel(le)s.

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