Vanessa : Vie à la fac et en dehors de la fac

Mon petit parcours d’étudiante en droit.

Je me présente, Vanessa, 20 ans, ayant récemment réussi sa troisième année de licence, étudiante à la faculté de Montpellier.

C’est peut-être le cliché de l’étudiant en droit mais j’ai toujours rêvé d’être avocate. 

J’ai donc suivi un cursus « général » avant d’arriver à la fac. Le bac ES me laissait, selon les dires, des portes ouvertes sur tout « au cas où ».

Je ne sais que vous conseiller désormais avec toutes ses réformes du bac. Quoiqu’il en soit, le droit est une matière peu voire pas du tout abordée au lycée, donc ne vous inquiétez pas on arrive quasiment tous avec le même niveau en droit.

Une fois mon bac en poche, je me retrouve donc face à cette institution qu’est la faculté de Droit et science politique de Montpellier. Elle est grande, belle, historique, somptueuse. Me voilà donc au mois de juillet, perdue dans le cloître de ma future faculté. Je me suis sentie toute petite, et pour la première fois de ma vie scolaire j’avais peur de ne pas être à la hauteur.

J’ai donc décidé de me fixer un objectif, réussir mon année sans redoubler, ni rattraper. Avec du recul je me rends compte que cet objectif n’était peut-être pas assez imposant mais bon, je l’ai tout de même réussi.

Souvent on entend dire que la première année de licence est la plus dure, que l’on échoue énormément, chose qui est vraie mais à nuancer. Les amphithéâtres sont pleins au premier cours. Il arrive que des étudiants s’assoient par terre. Dans ma promo on était 500 et il y avait trois groupes. 

Néanmoins à la fin du semestre l’amphithéâtre est bien plus clairsemé, certains abandonnent, certains ne viennent plus, certains préfèrent la vie étudiante « festive », d’autres décident de diviser leur première année en 2 ans.
Donc oui, les taux de réussite ne sont pas élevés mais en tenant le coup tout est possible.

J’ai réussi cette première année avec un tout petit 10. Je le regrette je pense qu’il faut se fixer des objectifs plus hauts que ce que l’on se sent capable de faire.
De mon point de vu, la première année est très formatrice concernant le monde universitaire.

Le droit est une matière qui nous entoure quotidiennement et que l’on connaît pourtant que très peu. La deuxième année, les attentes sont différentes, on n’est plus des « bébés » mais on n’est pas encore des « grands ». Je sais que ma deuxième année a été une année où je me suis révélée, où j’ai vraiment pris goût et touché un peu plus du doigt ce qu’était le droit. Ma troisième année qui vient de se clôturer a été plus éprouvante et difficile, de nombreuses matières que je n’aimais pas au premier semestre avec de gros coefficients. Je n’ai pas eu mon premier semestre. Cependant j’en ai tiré un enseignement, il est possible d’échouer, ce n’est pas une fatalité car en redoublant d’effort j’ai réussi à compenser. Il faut savoir aussi connaître ses limites et savoir se relever, et faire de nos échecs une leçon pour l’avenir.

Une fois à l’université, on nous forme et on nous forge. On ne devient pas Mike Ross en 5 minutes, et je crois bien qu’on ne le devient jamais.
On tente de nous inculquer l’art de la dichotomie, on subdivise, on scinde, on apprend à lire des décisions, on découvre des mécanismes, on qualifie et bien d’autres choses encore. Tout est nouveau, et parfois très complexe à appréhender.
Il faut se préparer à cela, il faut savoir que les exigences seront élevées. Souvent on compare les examens de la fac à un bac passé tous les 4 mois. Il faut donc s’armer de courage et d’envie, pour ma part c’est la passion qui m’a faite tenir.

Une fois à la fac, je pense que plusieurs choses sont bonnes à savoir. Plusieurs points me semblent importants, d’abord l’entourage à la fac en elle-même, le rapport aux cours, les méthodes de travail et la vie personnelle.

I) La vie a l’intérieur de la fac

A) L’entourage à la fac 

Concernant l’entourage scolaire, je pense qu’il est bon d’être bien entouré lorsque l’on entre en fac. Le travail de groupe est pour ma part très bénéfique. Échanger avec des camarades est très important. Je suis actuellement en troisième année de licence et ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai trouvé mon équilibre concernant mon entourage scolaire. En première année, je me suis entourée de quelques « mauvaises personnes », malheureusement. 

Il faut faire attention, certains s’inscrivent à la fac, sans trop d’envie et d’ambition. Durant ma première année, je me suis retrouvée avec 2 filles comme ça, elles ne venaient que très peu en cours, ne travaillaient pas, préféraient discuter pendant le cours plutôt que de le noter. J’étais animée par la passion et la volonté de réussir, alors j’essayais de ne pas faire pareil, mais quand on est encore indécis, ce genre de profil peut vite vous faire flancher. Alors, prenez du recul sur vos camarades, voyez comment ils se comportent face à leurs études. Ce n’est en aucun cas un jugement de valeur, il faut juste prendre en considération votre volonté de réussite et la leur, si elle est similaire c’est bien, si elle est différente il faut aviser. 
Vers la moitié de l’année j’ai trouvé un autre groupe, déjà plus sain. Bien qu’encore certaines personnes, cette fois ci jalouse de la réussite de certains tentaient de nous mettre des bâtons dans les roux. 

En deuxième année, je me suis retrouvée avec seulement 2 autres filles, gentilles, on a commencé à s’entraider réellement, préparer nos td conjointement, se soutenir dans les moments difficiles, bref une bonne alchimie. 

En troisième année, on s’est retrouvées à 2, on a fait un pacte « on réussit ensemble et on se fixe un objectif commun ». Je vous assure que cela a été très bénéfique pour moi, on a su s’épauler, tomber, mais se relever à 2. 

Ensuite on a trouvé 2 autre filles, on était 4 et on a toujours tenté de se soutenir les unes et les autres. Certaines avaient un niveau un peu plus élevé tentant d’aider celles qui étaient plus faibles. Cela m’a beaucoup aidé durant cette année.

Alors pour faire simple, entourez-vous des bonnes personnes, de belles amitiés peuvent naître et cela sera bénéfique pour vos études.

 

B) Le rapport aux cours

Concernant le rapport aux cours, ici encore plusieurs points sont à prendre en compte, la valeur de chaque matière, le fait d’aller en cours, de préparer ses td etc.

Alors tout d’abord, les petites matières permettent souvent de gagner des points durant l’année. En effet, il s’agit souvent de par cœur et de recracher le cours, on peut donc facilement avoir de bonnes notes. Ce n’est pas mon cas, j’ai beaucoup de mal avec le par cœur ! 

D’ailleurs, ôtez-vous tout de suite de la tête que « le droit c’est du par cœur, vous apprenez le code civil en entier », on n’est pas des perroquets ambulants ne vous inquiétez pas. 

J’ai toujours préféré miser sur les grosses matières. Je ne me considère pas comme un robot qui doit savoir tout recracher mais comme un humain qui doit comprendre et réfléchir par lui-même. De mon point de vu, il ne faut pas délaisser les petites matières mais il faut surtout s’intéresser aux grosses.

S’intéresser ne signifie pas simplement relire et apprendre un cours « bêtement ». Pour moi, le droit est vivant et même vivace, il faut savoir le dompter et pour cela il faut s’y acclimater. 

C’est peut-être simpliste, mais suivre/aimer une page juridique, lire quelques articles, se poser des questions (seul ou entre camarades), si une notion nous plait et est comprise aller un peu plus loin sans trop se perdre, ou au contraire lorsqu’elle paraît peu claire tenter de la comprendre à sa manière, pourquoi ne pas brainstormer autours avec des camarades. Chacun expliquant ce qu’il a compris.

Surtout ne craignez pas vos chargés de td non plus. Certains ont pu me faire peur et presque me « traumatiser » en première année, ils peuvent être très durs. J’ai préféré prendre cela à contrepied en me disant que si j’avais pu supporter cela et même le surpasser, désormais plus rien ne pouvait m’atteindre.

Ensuite, faire et rendre ses devoirs cela semble évident, même si la charge de travail est lourde, entraînez-vous. Ne vous entraînez pas seulement dans les matières où vous êtes « forts », cela peut sembler gratifiant de réussir mais entraînez-vous là où vous avez des lacunes ce sera encore plus gratifiant de voir une évolution. 

Sinon, le plus important, IL FAUT ALLER EN COURS, oui untel poste sur le groupe, oui votre camarade vous passera ses notes. Néanmoins chacun note à SA manière, la compréhension de chacun est différente. Il faut aller en cours pour comprendre ce qu’explique le prof.

Concernant l’utilisation de manuels, je trouve cela bien mais n’oubliez jamais qu’à la fin ce n’est pas l’auteur de l’ouvrage acheté qui vous corrige mais le professeur avec qui vous étiez en cours. Derrière de nombreux cours se trouvent des philosophies, des courants doctrinaux etc. Bien que les professeurs tentent d’être neutres et encore pas tous, ils sont imprégnés de ces courants et cela se ressent, ainsi si vous vous en imprégnez aussi tout cela ne pourra être que bénéfique pour vous.

En bonus, sachez qu’il existe dans les facultés des diplômes d’établissement ou d’université. Ce sont des sortes « d’options », des cours en plus qui vous spécialisent dans certaines matières. Ils sont souvent gratifiés lors des candidatures en Master. Je n’ai eu connaissance de leur existence qu’en fin de première année, mais renseignez-vous. Cela permet de s’intéresser à une branche en particulier et apporte de la culture juridique, permet de s’ouvrir un peu plus sur le monde du droit. Cela est payant, les prix varient selon les diplômes, mais renseignez-vous cela au moins ne coûte rien.

II - La vie en dehors de la fac

  1. Les méthodes de travail 

La question des méthodes de travail me semble aussi importante. 

Bon, il y a cet aspect travail de groupe que j’affectionne énormément, cependant le travail personnel doit aussi exister. Le fait de venir en cours est aussi très important. Il n’existe pas de méthode miracle pour être un bon étudiant en droit. Je pense qu’il faut savoir se faire confiance et adapter son travail à ses capacités. Je m’explique, mon point fort a toujours été ma mémoire auditive. Je sais que lorsque je suis en cours et que j’écoute attentivement, tout est presque déjà clair et intégré dans mon cerveau. Alors je sais que lorsque je loupe un cours, cela va être très difficile à rattraper. Je m’impose donc d’aller à tous les cours même des fois quand je suis malade. Ma mémoire est faite comme ça alors je suis cette méthode-la. Il peut m’arriver en examens d’avoir la voix du prof qui résonne sur des notions très précises relatives à l’examen. 
Des amies elles, sont obligées d’apprendre par cœur et visualise le cours dans leur tête, d’autre apprennent le plan du cours et les notions clés attachées à chaque partie. En bref, en étant au lycée vous devriez déjà connaître quelques méthodes de travail, tentez de prendre celle qui vous correspond le plus.

Ensuite je pense qu’un bon étudiant ne doit pas connaître son code par cœur, mais doit savoir le manier à la perfection. Lors de mon premier td d’introduction au droit, le devoir était simple, chercher dans le code des articles répondant à des questions très précises. Aujourd’hui cela me semble « simple », néanmoins c’était une très belle approche de ce fameux code. J’ai passé au moins 2h entières à chercher pour une dizaine de question, et même je n’ai pas trouvé toutes les réponses. 
Il faut savoir utiliser son index, comprendre la logique du code, et cela varie d’un code à un autre. Pour moi, savoir chercher dans le code est primordial. A la correction de ce td, on a aussi appris que tout n’avait pas de réponses nette et précise, voire même pas de réponse du tout.

Il y a pour moi dans le droit cette idée que l’on n’attend pas une réponse toute faite, mais un mécanisme, une démonstration. Les situations peuvent être tellement diverses et variées que répondre par un simple article du code semble inutile.
Je pense aussi qu’il faut maîtriser les exercices types de la fac de droit, que sont le commentaire d’arrêt, le cas pratique et la dissertation. Cela vous l’apprendrez au cours des séances de td. La clé de la réussite pour ces exercices est l’entraînement et la compréhension de la méthodologie.

B) Le maintien de la vie personnelle

Enfin, concernant la vie personnelle, je suis de celle qui aime avoir une vie. 
Il ne faut pas s’oublier, je pense qu’il faut avoir un esprit heureux et serein pour réussir ses études. Alors il ne faut pas s’empêcher de sortir boire un verre avec des amis, manger au restau, avoir une histoire d’amour etc. Il faut un temps pour tout c’est certain, je ne préconise pas de sortir en boîte la veille d’un examen non, juste de savoir souffler et prendre du temps pour soi.

Il y a une lourde pression au-dessus de nos têtes, puis quelques ratés et mauvaises notes qui peuvent faire mal, alors il faut savoir s’aérer l’esprit et prendre du recul. Il faut aussi savoir s’écouter et se faire confiance. Je n’ai jamais passé de journée complète enfermée à réviser, cela m’est impossible et serait contreproductif car je n’assimilerais rien et en plus cela pourrait créer des confusions, alors je m’écoute et j’écoute mes besoins. Il peut m’arriver de réviser à minuit parce que j’en éprouve le besoin, je peux faire une sieste en rentrant de la fac car je suis exténuée du cours que je viens de suivre. Je pense que tant que l’on trouve son équilibre c’est bon. Les excès sont pour moi à bannir, que ce soient les excès de « travail » ou les excès trop « festifs ».

Alors si on récapitule, une fois à la fac, entourez-vous des bonnes personnes, allez en cours, préparez vos td, réfléchissez, intéressez-vous à ce qui vous plait, faites-vous confiance, gardez une vie sociale. 

Mais surtout, réussissez, c’est tout ce que je vous souhaite.

 

 

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