Me FERHAT, avocat en droit privé et public

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Nawel FERHAT, je suis Avocat au Barreau de Lyon et j’ai prêté serment le 14 décembre 2012.

Avant, j’étais juriste en cabinet d’avocats. J’exerce en droit privé et droit public.

Quel est votre parcours ? (Scolaire et professionnel).

Alors mon parcours scolaire n’est pas le plus brillant de la terre, j’ai redoublé trois fois (fallait bien que je profite de ma jeunesse) mais surtout, je travaille depuis l’âge de 17 ans.

Concilier la fac avec le travail n’était pas évident puisque j’étais animatrice en centre de loisirs et que je bossais les midis en cantine, le soir après l’étude des enfants, les mercredis après-midi, toutes les vacances scolaires.

J’ai donc fait un master de deug (4 années pour obtenir ma L1 et L2), puis licence L3 de droit public, enfin master 1 de droit public à Lyon 3.

Je n’ai pas été retenue en master 2 (compte tenu de mon brillant dossier) donc je suis partie bosser en cabinet d’avocats, d’abord en tant que stagiaire puis, en tant que juriste.

J’ai passé trois fois le CRFPA que j’ai enfin réussi à obtenir (ne jamais abandonner) puis suis entrée à l’école des avocats.

A l’école, j’ai intégré un master 2 que j’ai obtenu avec une mention (la seule et unique).

J’ai prêté serment fin 2012 (promotion Nelson MANDELA) et suis partie en collaboration.

J’ai fait 4 cabinets d’avocats dans mes deux premières années et je me suis installée en juillet 2018 (ne jamais rester dans un endroit qui ne vous plait pas ou qui ne vous veut pas).

En tant qu’avocat avez-vous choisi un exercice spécialisé ou au contraire généraliste ?

J’ai choisi de m’orienter vers trois / quatre matières connexes. Je déteste le droit de la famille donc je n’en fais pas.Je passerai mes spécialités très prochainement.

Pourquoi ce choix et quelles en sont les conséquences ?

J’ai choisi mes domaines d’intervention (et non spécialités car je ne suis pas titulaire de la spécialisation) en l’honneur de mon père qui était plombier (il est toujours en vie).

Petite j’allais sur les chantiers avec lui, je l’aidais à faire de la zinguerie, de la soudure, du béton…et j’adore cela.

Le monde de la construction m’attendait.

Puis, pendant mon stage en droit de l’urbanisme, je ne comprenais pas pourquoi l’avocat ne gardait pas les dossiers pour le volet civil. 

J’ai donc opté pour travailler tant en droit de l’urbanisme qu’en droit de la construction.

Mais, il me manquait quelque chose, alors je fais aussi un peu de pénal (ce qui est utile aussi en construction).

Les conséquences c’est que je ne m’ennuie jamais car j’ai un volet technique avec les expertises et un volet juridique avec les responsabilités.

Exercez-vous aujourd’hui dans les matières que vous préfériez, pour lesquelles vous avez été le plus formé, ou avez-vous changé de spécialité ?

J’exerce dans les matières que j’ai travaillées à la fac et mes matières préférées.

Si oui, pouvez-vous nous en expliquer les raisons ?

L’avocat a un devoir de compétence et de diligences envers son client. Ne pas maîtriser une matière peut coûter très cher, notamment il peut engager sa responsabilité civile professionnelle et commettre une faute déontologique.

Pour moi, l’avocat fonctionne comme les médecins. On va voir celui qui peut nous guérir (ici c’est plutôt tenter d’obtenir gain de cause ou de régler le litige mais la sécu ne rembourse pas la consultation).

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

A cause de la série Tribunal qui passait sur TF1. J’ai dit à l’âge de 8 ans que je voulais être avocat.

Je voulais défendre les autres car je ne supporte pas l’injustice.

Pouvez-vous nous décrire une journée « type » au travail ?

J’arrive au cabinet entre 9h et 10h. Puis je prends mon café... et discute avec mon associée…

Je lis mes mails, écoute mon répondeur, range mon bureau de la veille.

Puis, j’enchaine les actes, les rdv clients, les déplacements au palais, parfois avec des audiences…ou des expertises…aucune journée ne ressemble à une autre.

Je n’ai donc pas de « journée type ».

Quels souvenirs gardez-vous de vos années d’études ?

La galère…il fallait bosser pendant 6 mois non-stop…Surtout à Noël car les partiels étaient le 3 janvier.

La fac a été intéressante pour moi quand je suis partie en droit public. J’ai stressé comme une dingue à chaque partiel (jusqu’à ce que je découvre les bêta-bloquants qui ont révolutionné ma vie étudiante).

Et puis Lyon 3 ce n’était pas le Club Med et les gens n’étaient pas forcément très cool avec leur fausse concurrence.

Je garde des bons souvenirs de certains de mes chargés de TD qui ont cru en moi et qui m’ont donné la force de me battre.

Mais faut pas se leurrer, ce n’est pas la fac qui vous apprendra un métier, elle vous donnera les connaissances pour passer les concours.

Si vous pouviez revenir sur les bancs de la fac changeriez-vous quelque chose à votre méthode ? Si oui, que changeriez-vous ?

Je ne sais pas si c’était ma méthode ou mes profs mais si je retourne à la fac, je changerais juste ma façon de m’organiser.

Quelles difficultés avez-vous eu et comment les avez-vous surmontées ?

Je ne comprenais rien en droit civil, c’était trop abstrait pour moi. Et puis le commentaire d’arrêt, j’ai mis du temps à comprendre comment il fallait faire.

J’ai travaillé sans relâche et j’ai tenté de comprendre seule. Le droit public a été une révélation alors une fois que j’étais dedans ça roulait pour moi. Comme une évidence.

Quels sont vos conseils pour les futurs étudiants ?

La fac c’est six mois de travail intense où il ne faut pas être distrait et bosser chaque jour et assimiler les notions, connaitre ses arrêts, savoir utiliser un code…

Le droit ce n’est pas apprendre par cœur, il faut, sans cesse, réfléchir et se questionner.

On vous donne les ingrédients, à vous d’en faire une recette. Il faut aussi comprendre que le droit c’est une imbrication de domaines qui ont tous un rapport un jour ou l’autre et que chaque matière est importante.

Ne rien lâcher même si on redouble…une fois dans le monde du travail personne ne va vous demander si vous avez redoublé.

Je suis retournée à la Fac à l’âge de 30 ans pour faire mon M2…il faut se dire que rien n’est impossible, que le seul obstacle, c’est nous. Il faut croire en ses rêves et jamais laissez quelqu’un vous dire que vous n’êtes pas fait pour ceci ou cela.

Me Nawel FERHAT

Avocat au barreau de Lyon

@cquiqui

 

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