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Gavin M : Licence et Erasmus

Introduction 

    Je m’appelle Gavin et ait actuellement 21 ans. J’ai grandi dans une famille modeste, à Castres dans le Tarn où j’ai effectué ma scolarité jusqu’au lycée. Par la suite, j’ai commencé une licence de droit à Toulouse en septembre 2016. Je viens de l’obtenir après avoir passé ma dernière année de licence à Uppsala (Suède) et je commencerai un master en droit public à la rentrée, toujours à Toulouse. J’envisage par la suite de poursuivre en master 2 droit de l’environnement, et puis en programme doctoral - si possible en co-tutelle avec l’Université d’Uppsala. Mon parcours est assez ordinaire, si ce n’est que je suis originaire d’un milieu populaire et j’aimerais le partager pour cette raison. Et ce principalement dans le but de motiver ceux qui commenceraient des études de droit en ayant peu confiance en eux du fait de leur origine sociale, ou qui actuellement étudiants douteraient de leur capacité à réussir, leur origine sociale pesant comme un fardeau. 

I) Mon parcours universitaire à bac+3 : deux années de licence et un Erasmus

  1. Avant l’Université : pourquoi le droit et première approche juridique en terminale littéraire

    Pourquoi le droit ? Je pense que cette question a le mérite d’être posée lorsque, lycéen, on envisage de faire ces études. Demandez-vous qu’est-ce qu’il vous intéresse dans cette discipline. C’est complexe parce que seulement instinctif, puisque l’on a très peu de visuel sur ce que sont ces études : le droit n’est en effet pas enseigné ou du moins très peu au lycée.

    Pour ma part, j'ai mis des mots sur ce que me disait mon instinct lors d’un stage avec un avocat. Je lui parlais d’une connaissance qui, ayant eu des problèmes familiaux très importants, souhaitait reprendre ses études et faire du droit de la famille pour aider des enfants vivant la même situation qu’elle autrefois. Il m’a alors répondu « on ne vient pas au droit par hasard », et cette phrase m’a marqué. C’est quelque chose que j’observe très fréquemment autour de moi : les meilleurs juristes sont ceux qui ont une raison d’être là. Tous souhaitent utiliser le droit, et ses normes, pour apporter un changement autour d’eux, un impact positif. Mon point n’est pas de dire que l’ensemble des juristes sont ainsi, il y a une diversité de profils et donc de facto une diversité de raisons de faire ces études, mais c’est ce qui à mes yeux est le mieux. Cela vous permet d’avoir un objectif clair et précis, de savoir pourquoi vous êtes là, de savoir où vous allez, et surtout d’être animé profondément d’une conviction qui vous portera dans les moments difficiles. Avoir un projet et de l’ambition, une envie d’aller vers un objectif précis et quelque chose qui vous porte et fait naître en vous de la détermination et de l’envie. Tout cela vous aidera à réussir, vous serez rapidement pris dans un cercle vertueux.  

Je recommande la lecture de cet article de blog qui illustre correctement ce que je veux dire : https://blogs.mediapart.fr/arie-alimi/blog/050819/avocat-et-militant?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67 

    Clairement, si la vue d’un Code Civil vous donne envie de vomir et que vous avez juste envie de gagner de l’argent, ça va être compliqué. Peut-être y arriverez-vous, mais vous ne serez que peu épanoui et vous devriez travailler deux fois plus que quelqu’un qui est passionné profondément par ce qu’il fait.

    Prenez donc le temps de vous poser la question : que pourrais-je faire qui a du sens à mes yeux ? Peut-être que vous en aurez une idée très vague, ou même un embryon d’idée mais ça n’importe peu ; tant que vous êtes dans cette mentalité là. Pour ma part je suis arrivé en première année en pensant faire du droit international, et j’ai très rapidement évolué vers le droit de l’environnement parce que j’ai très vite réalisé que ce n’était pas pour moi. Je me suis donc répercuté sur une autre branche du droit qui a davantage de sens pour moi.

    Au sujet de savoir à quoi ressemblent les études de droit avant d’y aller, il existe une option dans certains lycées, enseignée en terminale littéraire : l’option « Droit et grand enjeux du monde contemporain » (DGEMC). J’ai pu la suivre en 2015-2016. Cette option n’est en soi pas une introduction au droit (il s’agit davantage du rôle de la première année de licence), mais un aperçu correct vous est donné de ce qu’est le droit en vous en faisant une présentation globale. Cette option a l’avantage de vous conforter (ou non) dans votre choix de faire du droit, et vous permet d’être moins « perdus » lors des premières semaines de cours. Ça a été, pour ma part, la raison principale de choisir la filière L. Je ne sais pas si cette option là sera toujours disponible avec la réforme prochaine du bac, mais si vous le pouvez, prenez des options qui se rapprochent le plus du droit au lycée (renseignez vous aussi dans la mesure du possible géographiquement dans les lycées aux alentours), ça peut vous ouvrir des portes (notamment rencontrer des enseignants qui sauront vous conseiller).

  1. Les deux premières années de licence 

    Mon ressenti est assez binaire : je n’ai pas du tout apprécié la L1 et j’ai adoré la L2. La première année est une introduction générale au droit, vous y voyez beaucoup de généralités, étudiez l’histoire du droit et des institutions, ainsi que les institutions actuelles (notamment internationales ou de l’UE). Vous aurez aussi des matières dites transversales, d’autres sciences sociales que le droit, la plupart du temps il s’agit de l’économie, de la sociologie et de la gestion. Les deux seules matières proches de ce que vous ferez plus tard sont le droit constitutionnel et civil (où vous étudiez le droit des personnes et de la famille). Cette année est un peu un piège à mes yeux, puisque très peu passionnante mais en même temps essentielle pour construire des bases solides et ne pas avoir de lacunes par la suite. Il faut donc s’accrocher en se disant qu’à partir de L2, les matières seront plus intéressantes et vous pourrez commencer à vous épanouir. Plus vous avancez dans votre cursus, plus vous allez vous spécialiser en fonction de ce que vous aimez, et donc vous épanouir. Il faut juste serrer les dents un peu au début.

  1. Erasmus et le droit

    La question de savoir s’il vous est bénéfique de faire un Erasmus ou non se pose en général en L2 ou L3 (la plupart des échanges se faisant en L3 ou M1). Pour ma part, je suis donc parti en L3.

    Faire un échange est, pour la plupart des ex-Erasmus, une expérience de vie incroyable. Au-delà de l’aspect universitaire, vous allez vous ouvrir l’esprit, grandir en tant que personne, vous améliorer en langues, devenir indépendants et autonomes, développer des projets de vie, vous nouer des amitiés avec des gens venus du monde entier, découvrir de nouvelles façons de travailler, de nouvelles matières, un nouvel angle d’étude du droit... Si vous allez sur le site d'Erasmus+, vous trouverez sans soucis les études menées auprès des anciens Erasmus qui synthétisent ce qu'apporte le programme, je vous ai cité ce qui revient le plus souvent. Pour ce qui est de l’universitaire, partir en L3 est à mes yeux une meilleure idée. La L3 étant encore assez généraliste et le M1 spécialisé, « manquer » les cours de L3 est en soi moins grave que ceux du M1. Sauf si vous pouvez avoir des matières spécialisées, à l'étranger, en lien avec le M1 que vous faites. Manquer entre guillemets, puisqu’il vous est toujours possible de rattraper les cours que vous auriez eu en France une fois rentré. La principale critique que j’entends étant que l’on prend du retard et que cela pose un problème pour les sélections en master, il me parait assez logique de dire : vous pouvez rattraper les matières françaises, et ainsi avoir de l’avance sur les étudiants français puisque vous aurez les avantages de votre Erasmus en plus. D'une manière générale, si votre Erasmus est bien réfléchi et s'inscrit dans un projet de long terme, vous n'aurez aucun mal à justifier de ses avantages devant un éventuel entretien de master 2. Mais pour vous rassurer, vous pouvez toujours écrire un mail au directeur ou à l'un des co-directeurs du m2 que vous visez et lui demander son opinion. 

    Certes, certaines matières poussent plus que d’autres à faire un échange : il est plus logique de partir si vous souhaitez faire du droit international des affaires que si vous visez l’ENM ou le CRFPA. Mais je pense que, quelque soit votre projet, Erasmus a quelque chose à vous apporter de bénéfique. 

  1. Mon diplôme universitaire : le Collège Supérieur de Droit

    Cette section s’adresse surtout aux toulousains : vous avez à UT1 un diplôme universitaire, le Collège Supérieur de Droit. Il est pour le moment assez peu présenté aux L1 et L2, alors que c’est un bon diplôme à mon sens qui mérite d’être mis en avant davantage (d’où sa mention dans mon témoignage).

    Vous pouvez y accéder en L3 ou en M1 (si vous faites votre L3 à Toulouse), avec une note minimale (pour une entrée en L3, il vous faut 14 en L2 pour une entrée de plein droit et entre 13 et 14 pour une entrée après entretien de motivation — et pour une entrée en M1, il vous faut 14 en L3). Le diplôme dure trois ans, donc jusqu’au M2. Le diplôme vous permet également de faire une année de mobilité pendant votre L3 ou M1, le programme s’y adapte. Le programme peut être trouvé ici : http://www.ut-capitole.fr/formations/nos-diplomes/diplomes-d-universite/diplome-d-universite-college-superieur-de-droit--310271.kjsp?RH=1319185943883

    Certains de mon entourage n’ont pas apprécié ce DU, et vont le quitter en cours de route ; pour ma part ça n’a pas été le cas. Mon témoignage est donc assez subjectif et particulier, en ce sens que je n'ai pas suivi le programme général de la première année puisque j'étais à l'étranger et ait donc eu un programme aménagé. Ce dernier m'a permis de m’initier à la recherche en faisant un mémoire, ce qui s’inscrit fortement dans mon projet. Au sein du programme "normal", vous avez la possibilité de travailler votre culture générale et juridique ainsi que la méthodologie de l’oral (qui vous est utile pour les concours, mais aussi pour une éventuelle soutenance de mémoire par exemple). Le DU travaille enfin des qualités importantes, notamment le travail d’équipe et l’organisation (il vous faut y consacrer du temps, ce qui n’est pas toujours simple).

    Je ne souhaite pas m’étendre davantage sur le sujet puisqu’il concerne une catégorie limitée de lecteurs, mais au besoin, n’hésitez pas de m’écrire si vous avez besoin de renseignements plus poussés.

II) Commentaire généraux sur mon parcours universitaire : méthode de travail, conseils divers

  1. Mes méthodes de travail en licence

    J’ai pas vraiment eu de méthode en L1. En L2, j’ai pris mes cours à la main en les rédigeant déjà sous forme de fiches pour gagner du temps et débuter au plus tôt le travail de mémorisation. Néanmoins ça demande pas mal de capacités de concentration et de synthèse. J’essaie de parfaire ma façon de travailler au fil des années, donc rien n’est vraiment fixe, c’est beaucoup de feeling. Si je fais quelque chose et que je sens que je patauge, je ne persiste pas et essaie une autre méthode. En fonction de votre forme, de votre humeur, de la météo (ça compte beaucoup !), une façon de travailler fonctionnera mieux qu’une autre. En tous cas, mon meillleur conseil est de ne pas vous forcer si vous sentez d’instinct que ça ne marche pas. Ceci vaut pour la méthode de travail stricto sensu mais aussi pour le fait d’aller à la BU par exemple. Si vous travaillez mieux dans un café ou sur votre bureau, faites donc. Si vous aimez changer d’endroit régulièrement, passez de votre bureau, à la BU, à un café. Marchez au bord d’un fleuve ou d’une rivière pour mémoriser vos cours ou prévisualiser ce que vous allez dire si vous tombez sur tel sujet à l’oral. Utilisez votre instinct, c’est votre meilleur allié, et soyez créatif.

  1. Les projets extra-universitaires et la bonne mentalité pour réussir 

    Les stages et les projets associatifs constituent l’essentiel des projets extra-universitaires que vous pouvez avoir. Ils vous permettent de personnaliser votre parcous, de vous professionaliser, de faire quelque chose qui a du sens pour vous (notamment l’associatif). Cela vous démarque et créera votre identité, et aidera donc à votre réussite (que ce soit aux concours ou aux diverses sélections que vous rencontrerez pendant votre parcours). Ne négligez pas ce type de projets, et pensez-y dès la première année. N’hésitez pas à vous inspirer de vos proches ou aînés, de poser des questions autour de vous, à vos professeurs / camarades / au service d’orientation de votre fac… Et surtout, essayez toujours d’être passionné, ambitieux, de faire quelque chose qui a du sens pour vous. Si vous avez le bon mindset, cette bonne mentalité, elle vous portera et les idées vous viendront seules. Il ne vous manquera plus que de les réaliser.

    J’ai essayé de traiter assez sommairement la plupart des sections sans aller vraiment plus loin que mon opinion primaire sur les différents sujets traités, afin d’éviter d’écrire 15 pages. N’hésitez donc pas à me contacter si vous avez besoin de questions ou un quelconque besoin, cela me ferait grandement plaisir d’en recevoir ! 

 

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