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Greffier stagiaire : l'engrenage indispensable

Je m’appelle Juliette et j’ai 24 ans. Je suis aujourd’hui greffier (stagiaire) des services judiciaires.

Mon parcours « académique » n’a pas été directement tracé. Touche à tout et curieuse, j’ai assez rapidement choisi de faire du droit. Ben oui, le droit, c’est bien me direz-vous. Mais lequel précisément ? J’ai opté pour du droit public et ai obtenu une maîtrise de droit public des affaires. J’ai consolidé cette dernière par un master d’administration et de management publics (orientation administration économique et sociale), que j’ai effectué à distance. En même temps, j’ai été vacataire pendant un an au sein d’un greffe dans un tribunal administratif. Ayant pu éprouvé le métier de greffier, c’est ce qui m’a donné envie de passer le concours pour accéder au corps des greffiers des services judiciaire. Attention toutefois à ne pas confondre le greffier de tribunal administratif et celui des services judiciaires. Si leurs missions se ressemblent, ils ne font pas partie du même corps, le greffier de tribunal administratif étant, en réalité, un secrétaire administratif. Il ne porte pas la robe, si chère à l’institution judiciaire.

Passer ce concours a été un défi. Se confronter à soi-même, d’abord. Faire fi des petites considérations relatives aux connaissances précédemment acquises, me remettre à jour dans d’autres matières de droit privé. C’est aussi se confronter à d’autres, et l’accepter.

Le concours de greffier permet l’accès à un corps de catégorie B (en espérant une future évolution). Mais une catégorie B hybride car ce concours se passe avec un niveau bac +2 minimum. Toutefois, ce n’est pas la majorité des candidats et encore moins des lauréats. Dans ma promo de 220 greffiers stagiaires, nous sommes environ 90 % à posséder au moins un bac + 4. Cependant, ce n’est pas parce que vous ne faites pas partie de ces 90 % là que vous ne réussirez pas. Au contraire, tentez votre chance !

La réussite du concours vous donne accès à l’école nationale des greffes, école qui vous formera au métier de greffier. La scolarité dure 18 mois, 3 mois à Dijon (il y a une seule école des greffes, qui se situe à Dijon) et 15 mois de stages dans les différents tribunaux qui composent le paysage judiciaire actuel. A peu près à mi-parcours, le greffier choisit sa future première affectation.

Pour ma part, j’ai choisi il y a deux petits mois maintenant. Je serai greffier placée. En résumé, je vais dépendre d’un service administratif régional et serai envoyée dans les différents tribunaux du ressort de la Cour dont il dépend (ex : si je suis greffier placée à Metz, je suis amenée à vadrouiller dans les tribunaux qui ont des besoins sur le ressort de la cour d’appel de Metz. Pourquoi ? Cela m’évite d’avoir à choisir une affectation « définitive » de suite, et me permet de toucher un peu à tout. Enfin, à tout…. Ne nous leurrons pas trop. Majoritairement au pénal quand même.

Le « greffier », mais qui c’est donc celui-là ? Son rôle, pourtant primordial, est méconnu. Il authentifie les procédures qui sortent du tribunal et s’assurent donc que tout ce qui sort de ce dernier est conforme à la procédure en vigueur. C’est un technicien de la procédure. Les questions de délais, de compétence territoriale et matérielle, de représentation… n’ont par exemple pas de secrets pour lui. Il est aussi la porte d’entrée des justiciables dans la juridiction. Au service d’accueil unique du justiciable (ou SAUJ), c’est à lui que l’on a à faire. Il est en contact permanent avec les justiciables, les avocats et les magistrats. Élément de l’ombre, il est en fait incontournable. On m’a demandé il y a peu si le greffier avait des horaires de bureau classique. Cela arrive, mais c’est rarement le cas, puisque ses horaires dépendent des audiences et de leur durée. Et qui dit audience surchargée dit greffier…. Attardé.

Ce que j’aime dans ce métier, c’est la place particulière du greffier. Au centre du rouage de la chaîne judiciaire, il est en contact avec tout ses acteurs : justiciable,  mais aussi juge, avocats, éducateurs, policiers…. On apprend énormément. J’aime particulièrement ces services où je ne sais pas trop de quoi ma journée sera faite. Convoquer, notifier, classer, cela fait certes partie du métier, mais il y a dans d’autres choses. Renseigner du mieux qu’il nous est possible de faire, faire comprendre une décision, la faire exécuter aussi pour certains d’entre nous. Le greffier de cabinet, celui qui travaille avec « son »magistrat, est encore plus chanceux à mon sens. Il forme un duo avec ce dernier, qui s’il fonctionne, peut être très performant.

Alors, oui, les temps sont durs, on manque de crédits dans pour les juridictions, de budget également, les audiences sont quelque peu surchargées, la masse de boulot est énorme et nous sommes mal considérés. Mais, personnellement, en tout cas pour l’instant, je m’y sens utile et je n’en changerai pas. Replacer l’humain au coeur du droit, faire office de traducteur « droit / français » sont des choses qui me parlent. Si j’ai pu délivrer la bonne information, aider tant bien que mal une personne dans sa recherche d’informations, alors c’est une bonne journée.

Je terminerai enfin par un conseil : si vous avez envie de faire, si celui-ci vous intéresse, inscrivez-vous cette année. Non que vous ne pourriez le tenter après, mais les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes, mais surtout, il y a de nombres places ! Quelques 400 places ouvertes pour le concours externe, 300 pour l’interne et une centaine pour le tout neuf troisième concours qui vise à recruter des personnes en provenance du privé et en reconversion professionnelle. Alors, qu’attendez-vous ? Devenez greffier !

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