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Prime Macron 2024-2025 : conditions, montant et date de versement de la PPV

Le terme « prime Macron » désigne aujourd’hui la prime de partage de la valeur (PPV), un dispositif que l’employeur peut choisir de verser pour soutenir le pouvoir d’achat de ses salariés. Créée en 2019 sous la forme d’une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA), elle a été pérennisée et transformée en PPV par la loi du 16 août 2022.

Depuis 2024 et 2025, cette prime reste facultative, mais très encadrée : plafond de 3 000 ou 6 000 € par salarié et par an, règles sociales et fiscales spécifiques, possibilité de verser jusqu’à deux primes dans l’année, nouvelles obligations de partage de la valeur pour certaines PME.

Comprendre précisément qui peut verser cette prime, dans quelles limites, comment elle est imposée et à quelles dates elle peut être payée permet d’éviter les malentendus fréquents : il n’existe pas de « prime Macron » automatique, versée à la même date pour tout le monde, mais un dispositif que chaque employeur choisit (ou non) d’utiliser.


Comprendre la « prime Macron » : de la PEPA à la prime de partage de la valeur

À l’origine, la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA), instaurée fin 2018, visait à répondre rapidement à la baisse du pouvoir d’achat en permettant aux employeurs de verser une prime exonérée de cotisations et d’impôt, dans la limite d’un plafond.

Depuis le 1er juillet 2022, cette prime a été remplacée par la prime de partage de la valeur (PPV). La logique reste proche : permettre aux entreprises de partager une partie de leurs résultats avec les salariés, sous un régime social et fiscal avantageux. Mais la PPV est désormais un dispositif pérenne, inscrit dans le code du travail, et non plus une aide exceptionnelle renouvelée d’une année sur l’autre.

Dans le langage courant, on parle encore largement de « prime Macron 2024 » ou « prime Macron 2025 », mais juridiquement, il s’agit de la même prime de partage de la valeur. Les règles applicables dépendent :

  • de la date de versement de la prime ;
  • de la rémunération du salarié (notamment par rapport au seuil de 3 SMIC annuels) ;
  • et du choix éventuel du salarié d’affecter la prime à un plan d’épargne salariale ou retraite.

En parallèle, d’autres dispositifs existent (prime de pouvoir d’achat exceptionnelle pour certains agents publics, indemnité inflation de 100 € en 2021-2022, etc.), ce qui entretient la confusion. L’enjeu est donc de bien distinguer la PPV des autres primes ponctuelles.


Qui peut verser la prime de partage de la valeur en 2024-2025 ?

La PPV peut être versée, en 2024 comme en 2025, par un très grand nombre d’employeurs :

  • toutes les entreprises de droit privé, quel que soit leur effectif (artisans, commerçants, professions libérales, associations, fondations, mutuelles…) ;
  • les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) ;
  • certains établissements publics administratifs lorsqu’ils emploient du personnel de droit privé ;
  • les entreprises de travail temporaire, pour les intérimaires mis à disposition lorsque l’entreprise utilisatrice verse la prime à ses propres salariés ;
  • les ESAT, pour les personnes en situation de handicap liées par un contrat de soutien et d’aide par le travail.

La mise en place de la prime est :

  • facultative pour la plupart des entreprises : aucune obligation générale de verser une prime Macron/PPV chaque année ;
  • encadrée par un accord d’entreprise ou une décision unilatérale de l’employeur, après consultation éventuelle des représentants du personnel.

À partir des exercices ouverts au 1er janvier 2025, certaines entreprises de 11 à 49 salariés, constituées en société et régulièrement bénéficiaires (bénéfice net fiscal ≥ 1 % des recettes pendant 3 ans), doivent obligatoirement mettre en place un dispositif de partage de la valeur (participation, intéressement, plan d’épargne ou PPV). Cela ne signifie pas que la PPV devient automatique, mais qu’elle peut être l’un des outils choisis pour remplir cette obligation.


Salariés concernés et conditions pour toucher la prime Macron / PPV

Côté bénéficiaires, la prime de partage de la valeur peut être versée à :

  • tous les salariés liés à l’employeur par un contrat de travail (CDI, CDD, temps plein, temps partiel) ;
  • les intérimaires affectés dans une entreprise qui verse la prime à ses salariés, via leur entreprise de travail temporaire ;
  • les travailleurs d’ESAT en situation de handicap, lorsque l’établissement décide d’attribuer la prime.

L’entreprise doit définir une date de référence parmi les suivantes :

  • la date de versement de la prime ;
  • la date de dépôt de l’accord d’entreprise ;
  • la date de signature de la décision unilatérale instituant la prime.

Les salariés présents à cette date de référence peuvent être éligibles à la prime, selon les critères retenus.

Le montant n’a pas à être identique pour tous. Il peut varier selon :

  • la rémunération annuelle ;
  • la durée de travail (temps partiel, temps plein) ;
  • l’ancienneté ;
  • la durée de présence sur la période de référence.

Certains congés (maternité, paternité, adoption, congé parental d’éducation) sont assimilés à du temps de travail effectif pour le calcul de la prime : l’employeur ne peut pas minorer la PPV au seul motif que le salarié était en congé sur ces périodes.

En revanche, une règle de fond demeure : la prime de partage de la valeur ne peut pas se substituer à une augmentation de salaire prévue, à une prime contractuelle ou à un usage établi dans l’entreprise. Elle doit s’ajouter à la rémunération existante.


Montant de la prime Macron 2024-2025 : plafonds, modulation et exemples

Le montant de la PPV (prime Macron) n’est pas fixé par l’État pour chaque salarié. Il est déterminé :

  • par un accord collectif (accord d’entreprise ou de groupe) ;
  • ou par une décision unilatérale de l’employeur, après consultation des représentants du personnel lorsqu’ils existent.

En 2024 et 2025, les plafonds annuels restent les suivants :

  • 3 000 € par bénéficiaire et par année civile ;
  • 6 000 € par bénéficiaire et par année civile lorsque l’entreprise met en œuvre un dispositif d’intéressement, de participation ou un plan d’épargne salariale / retraite éligible.

Quelques repères pratiques :

  • le plafond s’apprécie par salarié et par année civile ;
  • il s’agit d’une limite d’exonération : la prime peut être plus élevée, mais la part au-delà de 3 000 ou 6 000 € perd les exonérations associées ;
  • l’employeur peut verser jusqu’à deux PPV par an, dans la limite globale du plafond (3 000 ou 6 000 € au total).

Exemple simplifié :

  • une entreprise disposant d’un accord d’intéressement peut décider de verser en 2025 :
  • une PPV de 1 000 € en mars ;
  • une PPV de 2 000 € en décembre ;
  • le total de 3 000 € reste en dessous du plafond de 6 000 € : la prime bénéficie du régime social/fiscal de la PPV dans son intégralité.
  • si la même entreprise versait 7 000 €, les 6 000 premiers euros profiteraient du régime de faveur, mais les 1 000 € excédentaires seraient soumis au régime habituel des salaires.

Dans la pratique, beaucoup d’employeurs versent des montants inférieurs au plafond, souvent modulés selon le niveau de rémunération ou le temps de présence.


Régime social et fiscal de la PPV en 2024 et 2025

La question « prime Macron 2024 ou 2025 : brut ou net ? » revient souvent, car le régime a évolué.

  1. Plafond d’exonération sociale
    La PPV reste exonérée de la plupart des cotisations sociales dans la limite de :
  • 3 000 € par salarié et par an ;
  • 6 000 € lorsque l’entreprise dispose d’un dispositif d’épargne salariale ou de participation adéquat.

Au-delà, la fraction excédentaire est soumise aux cotisations classiques (comme un complément de salaire).

  1. CSG-CRDS, forfait social et taxe sur les salaires
    Même en dessous du plafond, la prime peut :
  • être soumise à la CSG et à la CRDS ;
  • générer du forfait social pour certains employeurs (ceux déjà redevables sur l’intéressement, par exemple) ;
  • être prise en compte pour la taxe sur les salaires le cas échéant.
  1. Impôt sur le revenu
    Les règles d’exonération d’impôt sur le revenu les plus favorables concernaient surtout les primes versées jusqu’à fin 2023 pour les salariés dont la rémunération était inférieure à trois fois le SMIC annuel. Depuis les dernières réformes :
  • la PPV versée en 2024 et 2025 est, en principe, imposable à l’impôt sur le revenu lorsqu’elle est versée en espèces ;
  • une exonération d’impôt reste possible si le salarié choisit d’affecter sa PPV à un plan d’épargne salariale ou de retraite d’entreprise (PEE, PER d’entreprise, etc.), dans la limite de 3 000 ou 6 000 €.

En pratique, cela signifie qu’une prime Macron 2024 ou 2025 apparaîtra en général dans le revenu imposable, sauf si elle a été placée sur un dispositif d’épargne éligible.

Compte tenu de l’évolution fréquente des règles et de la diversité des situations (taille de l’entreprise, rémunération, existence d’un plan d’épargne), le traitement exact de la PPV doit être vérifié sur les bulletins de paie et, si besoin, auprès d’un professionnel (RH, expert-comptable, conseil fiscal).


Date de versement de la prime Macron 2024-2025 : comment cela se décide ?

Contrairement à une idée fréquente, il n’existe aucune date nationale unique de versement de la prime Macron 2024 ou 2025.

Le cadre légal prévoit simplement que :

  • l’employeur peut verser la prime en une ou plusieurs fois, dans la limite d’un versement par trimestre ;
  • il est possible de verser jusqu’à deux primes de partage de la valeur au titre d’une même année civile ;
  • les modalités (date ou période de versement, fractionnement éventuel) sont définies par l’accord ou la décision unilatérale qui met en place la prime.

Concrètement :

  • certaines entreprises versent la PPV en une fois (souvent en fin d’année ou au premier trimestre de l’année suivante) ;
  • d’autres choisissent un versement fractionné, par exemple une partie en été et une partie en fin d’année ;
  • d’autres enfin ne versent aucune prime de partage de la valeur si elles ne souhaitent pas activer ce dispositif.

Les expressions « prime Macron 2025 date de versement » ou « nouvelle prime janvier 2025 » renvoient le plus souvent :

  • soit à des annonces internes d’entreprise (par exemple une PPV décidée pour janvier) ;
  • soit à d’autres mesures gouvernementales (revalorisation du SMIC, primes spécifiques dans la fonction publique), qui ne sont pas la PPV elle-même.

Pour savoir exactement si une prime sera versée, à quelle date et pour quel montant, il faut se référer aux informations fournies par l’employeur (accord d’entreprise, note interne, décisions du CSE, bulletin de paie).


Ce qui change à partir de 2025 : obligation de partage de la valeur pour certaines PME

La loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur a introduit une nouveauté majeure : à compter des exercices ouverts au 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés, constituées en société et dégageant un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % des recettes pendant trois exercices consécutifs, doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur :

  • accord de participation ;
  • accord d’intéressement ;
  • plan d’épargne salariale ;
  • ou prime de partage de la valeur.

La PPV reste donc une option parmi d’autres, mais devient souvent l’outil privilégié pour répondre à cette obligation, car :

  • sa mise en place peut être relativement simple ;
  • elle est plus souple que la participation ou certains accords d’intéressement.

En parallèle, des ajustements techniques interviennent en 2025, notamment la prise en compte de la PPV dans le calcul de la réduction générale de cotisations (dite « réduction Fillon »), ce qui peut réduire légèrement l’avantage global pour l’employeur, en particulier pour les bas salaires.

Pour les salariés, ces changements ne modifient pas directement le droit à la prime : ils renforcent surtout la probabilité que les petites entreprises éligibles mettent en place un mécanisme de partage de la valeur, dont la PPV.


Autres primes de pouvoir d’achat : fonction publique, indemnité inflation, aides ponctuelles

Les requêtes « prime inflation 2025 », « nouvelle prime pouvoir d’achat » ou « prime fonction publique » renvoient à d’autres dispositifs à ne pas confondre avec la PPV :

  • Indemnité inflation de 100 € : aide exceptionnelle versée fin 2021 / début 2022 à de nombreux bénéficiaires (salariés, indépendants, retraités, demandeurs d’emploi, étudiants, etc.), sous conditions de ressources. Il ne s’agissait pas d’une prime Macron/PPV, et aucun renouvellement automatique n’est prévu en 2025.
  • Prime de pouvoir d’achat pour les agents publics : plusieurs primes spécifiques ont été instaurées pour les fonctionnaires (État, hospitalier, territorial), avec des montants et filtres de revenus propres à chaque versant. Elles relèvent du droit de la fonction publique, pas de la PPV applicable aux salariés de droit privé.
  • Autres primes sectorielles ou d’entreprise : de nombreux accords prévoient des primes de pouvoir d’achat ou des revalorisations ponctuelles (par exemple pour certaines collectivités, branches professionnelles ou entreprises en tension). Là encore, ces primes ont leur propre base juridique.

En résumé, lorsqu’on parle de « prime Macron 2024-2025 », il faut bien vérifier qu’il s’agit du dispositif de prime de partage de la valeur et non d’une autre prime ponctuelle : les conditions d’accès, les montants et le traitement fiscal peuvent être très différents.


FAQ

La prime Macron est-elle obligatoire en 2025 ?

Non. La prime de partage de la valeur (PPV) reste facultative pour la plupart des employeurs. En revanche, certaines entreprises de 11 à 49 salariés, bénéficiaires et constituées en société, doivent à partir de 2025 mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur (participation, intéressement, plan d’épargne ou PPV). Elles peuvent donc choisir la PPV, mais ne sont pas obligées d’opter pour ce mécanisme précis.

Peut-on toucher deux primes de partage de la valeur la même année ?

Oui. La loi autorise le versement de deux PPV par année civile, à condition de respecter le plafond global d’exonération (3 000 € ou 6 000 € selon les cas). Les deux primes peuvent être versées à des dates différentes, par exemple au printemps et en fin d’année, ou fractionnées en plusieurs versements trimestriels.

La prime Macron 2024-2025 est-elle imposable ?

En règle générale, la PPV versée en 2024 ou 2025 est imposable à l’impôt sur le revenu lorsqu’elle est payée directement au salarié. Elle bénéficie d’exonérations de cotisations sociales dans la limite de 3 000 ou 6 000 €, mais reste soumise à la CSG-CRDS et éventuellement au forfait social. Une exonération d’impôt est possible si la prime est affectée à un plan d’épargne salariale ou retraite éligible, dans les limites prévues.

Qui décide du montant de la prime Macron dans l’entreprise ?

Le montant de la prime Macron / PPV est défini par un accord collectif (accord d’entreprise ou de groupe) ou, à défaut, par une décision unilatérale de l’employeur. Le texte qui institue la prime précise : le montant maximal, les critères éventuels de modulation (rémunération, temps de travail, ancienneté, présence) et la période de versement. Les salariés n’ont pas de droit automatique à un montant déterminé par la loi.

Comment savoir si mon employeur va verser une prime de partage de la valeur ?

Il faut se référer aux informations officielles communiquées dans l’entreprise : accord d’entreprise, note de service, décision unilatérale, information du CSE ou du délégué syndical. À défaut d’annonce formelle, l’employeur n’est pas tenu de verser une PPV. En cas de doute, la DRH, le service paie ou les représentants du personnel peuvent préciser si un projet de prime est à l’étude.

Peut-on cumuler la prime Macron avec l’intéressement et la participation ?

Oui. La PPV peut se cumuler avec l’intéressement, la participation et d’autres primes, sous réserve du respect des plafonds propres à chaque dispositif. Dans certaines entreprises, la mise en place d’un accord d’intéressement ou de participation permet même de porter le plafond d’exonération de la PPV de 3 000 à 6 000 € par salarié et par an.

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