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CRFPA – MĂ©thodologie de la note de synthèse.

Petit rappel avant de commencer : le but du jeu est d’extraire les informations principales de chaque document en rapport avec le sujet, de synthĂ©tiser ces informations de manière Ă  fournir un support utilisable comprenant l’essentiel de ce qui doit ĂŞtre su pour le sujet. L’idĂ©e est qu’un jour, si vous ĂŞtes confrontĂ©s Ă  un sujet que vous ne connaissez pas et que vous avez peu de temps pour le prĂ©parer, vous puissiez ĂŞtre en mesure de le faire.

1. Lecture du sujet.

C’est la première Ă©tape avant d’ouvrir le dossier : lire le sujet. Ça peut sembler anodin, mais Ă  mon examen (2018), le sujet Ă©tait « consentir au traitement de ses donnĂ©es personnelles par les rĂ©seaux sociaux » (vous pouvez le retrouver sur le site du CNB).

Il se trouve que dans le dossier, il n’y avait pas tant de rĂ©fĂ©rences que ça aux « rĂ©seaux sociaux Â». Il fallait donc avoir cette expression en tĂŞte pour que ça active les alarmes dès qu’elle serait croisĂ©e dans les documents.

N’hésitez pas à l’écrire en haut de votre première feuille de brouillon et à vous y référer de temps en temps pour éviter un hors sujet.

2. Lecture du sommaire.

C’est ici que le jeu commence vĂ©ritablement. En lisant le sommaire, vous ĂŞtes capables d’extraire une quantitĂ© importante d’informations. Vous aurez l’auteur, le type de document, son titre et la date. Si je peux vous donner un conseil : dĂ©tachez la feuille contenant le sommaire, comme ça vous pourrez l’avoir Ă  cĂ´tĂ© de vous quand vous lirez les documents ensuite (pas maintenant, on est d’accord ?).

Le titre peut dĂ©jĂ  vous donner Ă©normĂ©ment d’indications. Par exemple, dans la note de synthèse pour 2018, on pouvait avoir ce document :

« Document 5 : Denis OLIVENNES et Mathias CHICHPORTICH, « Mortelle Transparence Â» Ă©ditions Albin Michel 2018 (extraits, sans note de bas de page) Â»

Ici, vous avez toutes ces informations : document rĂ©cent et donc sĂ»rement Ă  jour du RGPD, relevant de la doctrine, Ă©tant très critique Ă  l’égard de la transparence (donc on peut supposer qu’il va dĂ©fendre un manque de transparence viciant le consentement, cf. sujet de la note de synthèse) et on parle de « mortelle Â» alors est-ce un sujet liĂ© au cyber-harcèlement sur les rĂ©seaux sociaux (cf. sujet) ? Peut-ĂŞtre.

En lisant deux lignes, vous avez dĂ©jĂ  toutes ces informations, qui pour certaines doivent bien sĂ»r ĂŞtre confirmĂ©es. En plus de ces informations, n’hĂ©sitez pas Ă  classer vos documents sous plusieurs mots-clĂ©s. Dans le sommaire de la note de synthèse, on remarque par exemple l’utilisation des mots suivants : « protection Â», « donnĂ©e personnelle Â», des rĂ©seaux sociaux connus (« Twitter Â»), « transparence Â», « consentement Â». RĂ©partissez les documents par thème, Ă§a vous donnera les prĂ©mices d’un plan.

N’hĂ©sitez pas aussi Ă  les surligner par couleurs : rose pour les textes/traitĂ©s/lois, jaune pour la doctrine, vert pour la presse, orange pour les jurisprudences, etc. En un coup d’œil vous verrez Ă  peu près la rĂ©partition entre les types de docs (et ça peut vous Ă©viter de mettre que de la presse dans une sous-partie, que des textes dans une autre, il faut vous rappeler de varier les plaisirs).

Il faut faire le reste avec tous les documents du sommaire. Pour ceux dont vous n’arrivez pas à déceler une information permettant de catégoriser en mots-clés, marquez une croix à côté (ou sur votre feuille écrivez leurs numéros pour vous rappeler que vous n’avez aucune information très viable).

3. Survol du dossier.

Troisième Ă©tape du jeu : survoler le dossier. Survoler, c’est ne pas lire dans le dĂ©tail. D’abord, il faut se prĂ©parer : tracez quelques lignes horizontales sur votre feuille avec un Ă©cart suffisant entre chaque pour pouvoir Ă©crire. Ensuite, prenez votre dossier avec vous, et c’est parti !

Survoler, c’est principalement (principalement, on a dit) trois choses :

  • Si le document fait plusieurs pages, possède un plan construit, et semble contenir Ă©normĂ©ment d’informations utiles, vous passez au document suivant. Vous l’écrivez sur votre brouillon comme Ă©tant un « document impĂ©ratif Â» ou « document pivot Â» qu’il faudra lire dans le dĂ©tail plus tard.
  • Pour les autres documents, il s’agit de lire l’introduction, Ă©ventuellement les termes en gras s’il y en a, les dĂ©buts de paragraphe, la conclusion et noter en deux trois lignes sur le brouillon ce qu’il raconte (n’hĂ©sitez pas Ă  mettre des mots-clĂ©s aussi). Pour les jurisprudences, lisez vaguement les faits et la conclusion. Si vous notez une phrase qui rĂ©sume parfaitement le document, surlignez-la pour plus tard.
  • Pour les documents un peu compacts dont on ne sait pas exactement ce qu’ils racontent en survolant, ce qui est frĂ©quent avec la doctrine, notez que vous devez le lire plus tard.

Evidemment, si vous remarquez pendant ce survol que le document 5 fait référence au document 17, écrivez-le sur votre brouillon et notez éventuellement lequel des deux il faut lire s’il faut en lire un (quel est le plus long, le plus complet, le plus synthétique, etc. ça c’est à vous de hiérarchiser).

Également, pendant cette étape, vous pouvez réajuster la répartition des documents effectuée précédemment. Les documents qui ne vous disaient rien dans le sommaire peuvent peut-être être casés maintenant qu’ils ont été survolés. Aussi, notez les potentiels documents pouvant vous servir pour l’introduction (parce qu’ils contiennent des statistiques par exemple).

Une fois que c’est fait pour chaque document, on passe à la suite.

4. Lecture approfondie 1.

LĂ , vous allez lire dans l’ordre :

  • Les documents impĂ©ratifs/pivots ensuite, oĂą lĂ  vous allez lire attentivement et surligner chaque phrase que vous pourriez reformuler pour intĂ©grer Ă  votre note de synthèse. Notez Ă©galement toutes les rĂ©fĂ©rences potentielles aux autres documents car vous n’aurez pas besoin de les lire dans le dĂ©tail comme ça (d’oĂą l’intĂ©rĂŞt de bien rĂ©aliser les deux Ă©tapes prĂ©cĂ©dentes).
  • Les « textes Â» (articles de lois, de traitĂ©s, de règlement, etc.). Pourquoi commencer par eux ? Car ils sont les plus susceptibles d’être citĂ©s non-intĂ©gralement dans d’autres documents, il faut donc les avoir en tĂŞte. Ne relisez pas ceux qui sont citĂ©s in extenso (ou presque) par les documents pivots, ça vous fera gagner du temps de lecture.

Pareil, pour ces deux types de documents, écrivez les mots-clés, les idées qu’évoque le document et tous les autres documents auxquels il peut faire référence (si le document pivot cite une jurisprudence/un article qui se trouve dans le dossier, notez le numéro du document parlant de cette jurisprudence/cet article pour ne pas avoir à le lire dans le détail après).

5. Montage de plan 1.

Les choses sérieuses si elles n’ont pas déjà commencé, commencent ici.

Ă€ ce stade vous en ĂŞtes ici : vous avez une rĂ©partition de docs en mots-clĂ©s (Ă©tape de la lecture du sommaire, complĂ©tĂ©e par le survol du dossier et la lecture approfondie 1) et vous avez un dĂ©tail de chaque document sur vos brouillons avec 2-3 lignes sur leur apport, les Ă©ventuelles rĂ©fĂ©rences Ă  d’autres documents de la note et possiblement ceux qui vont aller en introduction plutĂ´t.

Vous allez pouvoir commencer Ă  monter un plan. Attention, ce n’est pas encore le moment oĂą vous allez rĂ©diger vos sous-parties. LĂ , on veut juste trouver une rĂ©partition Ă©quilibrĂ©e des documents lus et dont on a une idĂ©e de ce dont ça parle (ce qui exclue les documents « mystères Â» pour l’instant) pour avoir des idĂ©es de noms des parties et sous-parties et avoir en une ou deux phrases le contenu. La rĂ©daction interne viendra plus tard.

Le plan doit respecter le sujet autant que possible et comporter une variété de types de docs (comme je le disais, on évite de caser tous les textes ou toutes les jurisprudences dans une seule sous-partie, ça ennuie le lecteur).

En principe, vous allez Ă  peu près rĂ©ussir Ă  tout caser de manière Ă  peu près Ă©quilibrĂ©e Ă  quelques exceptions près (les documents « chiants Â» ou « mystères Â» pour le dire plus Ă©lĂ©gamment). Ă€ peu près Ă©quilibrĂ©e signifie que si vous avez 23 documents, il en faut minimum 5 par sous-partie (4 x 5 = 20) et environ 3 en introduction.

Les répétitions sont possibles mais plutôt pour 2-3 documents et idéalement (pas obligé mais c’est mieux) entre l’introduction et le développement (= je cite le doc 7 en intro et dans une sous-partie par exemple). Néanmoins, si on peut les éviter, c’est bien.

L’idéal est d’avoir un plan équilibré au niveau du nombre de documents et respectant à peu près le sujet à ce stade. Il devrait vous rester entre environ 1 et 7 documents à caser. Notez-les sur votre brouillon car il faut impérativement que TOUS les documents soient cités dans votre note.

6. Lecture approfondie 2.

LĂ , vous allez lire les documents « mystères Â», ceux qui ne vous disaient pas grand chose en lisant le sommaire et qui ne sont pas très simples Ă  lire en survol, ainsi que les documents non-rĂ©partis dans le plan (car oui, ça arrive quand on est devant un document un peu atypique qui ne se fond pas bien dans la masse).

Pareil, essayez de les répartir dans votre plan issu du montage de plan 1, c’est un peu toujours la même méthode, on peaufine au fur et à mesure.

7. Montage de plan 2 et montage des sous-parties.

À l’issue de cette étape, vous devrez avoir un plan équilibré, citant chaque document. C’est l’objectif à ne pas perdre de vue.

IntĂ©ressez-vous Ă  l’introduction : quels documents avez-vous notĂ© comme pouvant faire partie de l’introduction ? Pourquoi (statistique, fait de sociĂ©tĂ© renvoyant au sujet, phrase expliquant la problĂ©matique liĂ©e au sujet, dĂ©finition, etc.) ? LĂ  vous organisez l’ordre des documents que vous allez intĂ©grer Ă  l’intro :

  • « Accroche [Doc X] Â».
  • « DĂ©finition des termes du sujet Â» [Doc Y] s’il y en a une dans les documents. N’allez pas en inventer une, on a dit pas de connaissances personnelles. S’il n’y en a pas, essayez de trouver un Ă©lĂ©ment des documents qui s’en rapproche (consultez vos rĂ©sumĂ©s synthĂ©tiques de chaque doc pour savoir dans lequel fouiller Ă©ventuellement).
  • Annonce de plan (seul moment avec les chapeaux oĂą vous n’avez pas Ă  citer de documents).

Attention ! Si vous avez un document chiant que vous n’arrivez pas Ă  caser dans le corps de texte (ça arrive parfois pour un ou deux documents), mettez-le en introduction ! Comme ça, vous n’oublierez pas de le citer, et vous vous prendrez moins la tĂŞte lors de la rĂ©daction.

Votre introduction doit faire 7-8 lignes maximum (attention aussi si vous écrivez gros).

Ensuite, les parties doivent être organisées comme si vous passiez à l’oral, c’est-à-dire que vous devez penser comme si vous alliez passer à l’oral devant tout le monde pour dire ce que vous avez écrit. Ça doit donc être concis (phrases courtes), précis et avoir un ordre LOGIQUE, comme si vous racontiez une histoire. Ça peut paraître bête de le dire, mais vraiment si vous pensez comme ça, vous serez dans un meilleur chemin que celui qui va faire des phrases trop longues sans songer à l’enchaînement des éléments.

N’écrivez pas de phrases sur votre brouillon, faites par idée (servez-vous de vos mini-résumés de chaque document) et mettez vos documents dans l’ordre où vous devez écrire, car une fois la rédaction commencée, vous n’avez pas le temps de vous poser mille questions.

C’est le moment critique, le moment où vous ne pouvez pas faire machine arrière. Votre plan est figé et il ne faut jamais le changer à ce moment là. À présent, le but est de finir en ayant cité tous les documents dans le nombre de pages imparti.

Normalement, vous n’avez plus qu’à recopier le brouillon en vous appuyant sur les documents (et notamment sur ce que vous avez surligné comme tournure de phrase par exemple). Attention, il ne faut pas paraphraser le texte, ce doit être vos propres mots fondés sur un document du dossier. En général je lis ce que j’ai surligné, puis ce qu’il y a sur le brouillon et j’écris, document après document.

N’hésitez pas à relire vos phrases et à les peaufiner, la méthode que je vous propose est censé vous permettre d’avoir suffisamment de temps pour rédiger (la rédaction étant ce qui me posait beaucoup de problèmes). Armez-vous d’un effaceur et d’une souris pour corriger et modifier vos phrases proprement.

Ă€ chaque phrase (sauf annonce de plan et chapeaux), un document ou deux maximum doit ĂŞtre citĂ© Ă  la fin de la phrase comme suit : « Blablabla (Doc 7). Blablabla (Doc 4) Â». Évitez de citer deux documents si possible, et Ă©vitez de citer toujours le mĂŞme document. Variez les plaisirs.

Également, n’oubliez pas que ce que vous dites doit s’inscrire dans ce qu’annonce votre sous-partie (ça semble évident, mais sait-on jamais). Aussi, n’oubliez pas de sauter des lignes et de mettre des alinéas dans vos sous-parties, même si le nombre de pages est restreint. N’oubliez pas qu’il faut que votre lecteur se sente à l’aise pour corriger.

Vos sous-parties doivent faire une vingtaine de lignes. Il n’y a pas de conclusion à faire.

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