Salaire d’un maire : montants, règles et cas particuliers en 2024

On parle souvent du « salaire du maire », comme s’il s’agissait d’une paie classique. En réalité, la règle de base est l’inverse : exercer un mandat local est, par principe, gratuit, avec la possibilité de percevoir une indemnité de fonction pour compenser les sujétions du mandat.

Cette nuance change tout : l’indemnité est encadrée par des plafonds légaux, dépend de la taille de la commune, suppose (pour certains élus) une délégation ou un exercice effectif des fonctions, et peut varier selon ce que vote le conseil municipal.

Voici les montants 2024 et, surtout, les règles qui expliquent pourquoi deux communes comparables peuvent afficher des indemnités très différentes.

Ce que recouvre vraiment le salaire d’un maire

Le mot « salaire » est pratique, mais juridiquement trompeur : l’indemnité de fonction « n’a pas la qualité de salaire ou de rémunération » et correspond à une compensation prévue par la loi, plafonnée selon le mandat et la population.

Autre point clé : le versement suppose l’exercice effectif des fonctions. Pour un adjoint, la simple étiquette « adjoint » ne suffit pas : sans délégation de fonction donnée par le maire, l’indemnité n’a pas vocation à être versée.

Enfin, on parle de plafonds. Une commune peut verser moins que le maximum, et elle doit respecter plusieurs règles de vote et d’enveloppe globale (on y revient).

Le barème 2024 : combien peut toucher un maire selon la taille de la commune ?

Au 1er janvier 2024, la base de calcul (indice brut terminal 1027) correspond à 4 110,52 € par mois, ce qui impacte tous les plafonds indemnitaires.

Montants mensuels bruts maximum (au 1er janvier 2024) :

Population de la communeMaire (plafond brut mensuel)
Moins de 500 hab.1 048,18 €
500 à 999 hab.1 656,54 €
1 000 à 3 499 hab.2 121,03 €
3 500 à 9 999 hab.2 260,79 €
10 000 à 19 999 hab.2 671,84 €
20 000 à 49 999 hab.3 699,47 €
50 000 à 99 999 hab.4 521,58 €
100 000 à 200 000 hab.5 960,26 €
Plus de 200 000 hab. (incl. Marseille et Lyon)5 960,26 €
Maire d’arrondissement (Marseille & Lyon)2 980,13 €
Maire de Paris7 912,76 €

À garder en tête : le maire bénéficie automatiquement d’une indemnité au taux légal (lié à la strate), et le conseil municipal ne peut la fixer à un niveau inférieur que si le maire le demande et que le conseil accepte.

Adjoints et conseillers municipaux : quels montants, pour quelles fonctions ?

Adjoints au maire : plafonds 2024

Pour les adjoints, le plafond dépend aussi de la population et le versement est lié à l’exercice effectif (donc, dans la pratique, à la délégation).

Montants mensuels bruts maximum (au 1er janvier 2024) :

Population de la communeAdjoint (plafond brut mensuel)
Moins de 500 hab.406,94 €
500 à 999 hab.439,83 €
1 000 à 3 499 hab.813,88 €
3 500 à 9 999 hab.904,32 €
10 000 à 19 999 hab.1 130,39 €
20 000 à 49 999 hab.1 356,47 €
50 000 à 99 999 hab.1 808,63 €
100 000 à 200 000 hab.2 712,95 €
Plus de 200 000 hab.2 980,13 €
Adjoint au maire d’arrondissement (Marseille & Lyon)1 418,13 €

Conseillers municipaux : c’est possible, mais très encadré

Les règles changent selon la taille :

  • Dans les communes de moins de 100 000 habitants, l’indemnité du conseiller municipal est facultative (elle peut viser des conseillers délégués, et parfois des conseillers sans délégation) et elle doit entrer dans une enveloppe globale, avec une limite à 6 % de l’indice brut terminal.
  • Dans les communes de plus de 100 000 habitants, le régime est particulier : l’indemnité des conseillers est « de droit » et n’est pas comprise dans l’enveloppe indemnitaire globale, tout en restant plafonnée à 6 % de l’IBT.

Comment une commune fixe réellement les indemnités (et pourquoi ça varie autant)

Le principe général : les indemnités de fonction sont fixées par délibération, sur des critères objectifs liés aux fonctions exercées, avec des obligations de transparence (tableau annexe récapitulatif, état annuel des indemnités perçues).

Deux mécanismes expliquent beaucoup d’écarts entre communes.

1) L’« enveloppe indemnitaire globale » : un plafond collectif à respecter

Pour les communes, il existe une contrainte spécifique : la somme des indemnités attribuées au maire, aux adjoints (ayant délégation) et, si la commune le décide, à certains conseillers, ne doit pas dépasser le total théorique des indemnités maximales du maire + adjoints.

Ce point a une conséquence concrète : moins vous avez d’adjoints effectivement désignés (avec délégation), plus l’enveloppe globale est limitée. Le portail officiel donne même un exemple chiffré en commune de 3 500 habitants, montrant comment l’enveloppe se calcule à partir du nombre d’adjoints réellement en fonction.

2) Pourcentage vs montant en euros : la revalorisation n’arrive pas toujours « toute seule »

Une délibération peut exprimer l’indemnité :

  • soit en pourcentage de l’indice (revalorisation automatique lorsque la base évolue),
  • soit en montant en euros (revalorisation non automatique : il faut revoter pour suivre l’augmentation).

Résultat : deux communes avec la même strate peuvent afficher un « salaire des maires » différent, simplement parce que l’une a actualisé sa délibération et l’autre non.

Majorations : quand le statut de la commune change le plafond

Au-delà du barème de base, certaines communes peuvent voter des majorations pour tenir compte de sujétions particulières.

  • Dans les communes de plus de 100 000 habitants, une majoration de 40 % peut être votée pour le maire (avec une contrainte : le vote ne doit pas faire dépasser certains plafonds globaux).
  • D’autres majorations existent pour des communes spécifiques : chefs-lieux de département (jusqu’à 25 %), chefs-lieux d’arrondissement (20 %), bureaux centralisateurs / anciens chefs-lieux de canton (15 %), stations de tourisme (jusqu’à 50 % dans les communes de moins de 5 000 habitants, sinon 25 %), communes sinistrées, etc.

Point souvent ignoré : ces majorations se calculent à partir de l’indemnité effectivement versée (après la première répartition), et elles sont votées dans un second temps.

Brut, net, impôts : ce qui change la perception du « salaire » des maires

Une indemnité brute n’est pas ce que l’élu reçoit réellement. Elle supporte :

  • des cotisations sociales obligatoires, dont la retraite IRCANTEC pour tous les élus indemnisés, et, selon les situations, des cotisations au régime général ;
  • la CSG et la CRDS ;
  • l’impôt sur le revenu (traitements et salaires), avec un mécanisme spécifique d’exonération partielle lié à la « fraction représentative des frais d’emploi ».

La fraction représentative des frais d’emploi : un abattement qui compte en pratique

Cette fraction (FRFE) est exonérée d’impôt sur le revenu dans certaines limites. Le portail officiel rappelle les plafonds, et la note AMF donne les montants au 1er janvier 2024 : jusqu’à 1 592,80 € par mois pour un mandat indemnisé dans une commune de moins de 3 500 habitants (et d’autres plafonds selon mandat unique ou cumul).

Le seuil qui peut déclencher des cotisations « régime général »

En 2024, un repère pratique existe : au-delà d’un total brut mensuel de 1 932 €, les indemnités peuvent être assujetties aux cotisations de sécurité sociale, avec des conséquences directes sur le net.

Cumul, plafond et écrêtement : la limite à connaître quand on additionne les mandats

Un élu local qui cumule plusieurs fonctions indemnisées n’est pas libre d’additionner sans limite : le total des rémunérations et indemnités de fonction ne peut pas dépasser un plafond légal (défini comme 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base).

En pratique, la note AMF signale un plafond de 8 897,93 € par mois à compter du 1er janvier 2024.

Si le plafond est dépassé, le mécanisme d’écrêtement s’applique et la part excédentaire doit être reversée au budget de la personne publique concernée.

À connaître aussi : modulation en cas d’absentéisme

Certaines collectivités peuvent prévoir une modulation des indemnités en fonction de la participation effective aux séances et commissions, avec une limite : la réduction ne peut pas dépasser la moitié de l’indemnité.

C’est un sujet à part entière, parce qu’il renvoie moins au barème national qu’au règlement intérieur et à la manière dont la collectivité choisit d’encadrer l’exercice du mandat.

Mise à jour utile : revalorisation ciblée pour les communes de moins de 20 000 habitants

Depuis la fin 2025, une revalorisation a été actée pour les maires et adjoints des communes de moins de 20 000 habitants, avec de nouveaux plafonds (toujours indexés sur l’indice 1027). La note ministérielle de février 2026 publie un tableau de ces montants, par exemple 1 155,06 € (maire, moins de 500 hab.) et 447,64 € (adjoint, moins de 500 hab.) dans le nouveau barème.

À retenir si vous comparez des chiffres trouvés en ligne : selon la date de mise à jour de la source et la délibération locale, on peut tomber sur des montants 2024 ou sur les barèmes revalorisés ensuite.

Où retrouver le montant exact dans votre commune

Pour savoir combien touche réellement le maire (et les adjoints), le bon réflexe est local :

  1. Chercher la délibération indemnitaire et son tableau annexe récapitulatif (document de transparence).
  2. Regarder si la délibération fixe un pourcentage (indexation automatique) ou un montant en euros (qui peut rester figé sans nouveau vote).
  3. Vérifier l’état annuel des indemnités « de toutes natures » communiqué avant le budget, utile en cas de cumul de fonctions dans des syndicats, sociétés locales, etc.

Cette lecture évite l’erreur la plus fréquente : confondre le plafond national (barème) avec la réalité votée et versée dans la commune.

FAQ

Un maire peut-il refuser tout ou partie de son indemnité ?

Oui. Le maire bénéficie automatiquement de l’indemnité au taux légal, mais le conseil municipal peut la fixer à un montant inférieur si le maire en fait la demande et si le conseil accepte.

Quel est le salaire d’un maire d’une commune de moins de 500 habitants en 2024 ?

Le plafond brut mensuel au 1er janvier 2024 est de 1 048,18 € pour une commune de moins de 500 habitants.

Combien touche un adjoint au maire en 2024 ?

En 2024, le plafond brut mensuel va de 406,94 € (moins de 500 habitants) à 2 980,13 € (plus de 200 000 habitants).

Les conseillers municipaux sont-ils payés ?

Pas automatiquement. Dans les communes de moins de 100 000 habitants, l’indemnité est facultative et encadrée (enveloppe globale, plafond à 6 % de l’IBT). Dans les communes de plus de 100 000 habitants, il existe un régime particulier où l’indemnité est de droit, tout en restant plafonnée à 6 % de l’IBT.

Les indemnités de maire sont-elles imposables ?

Oui, comme des traitements et salaires, avec un mécanisme spécifique : une fraction représentative des frais d’emploi peut être exonérée d’impôt dans certaines limites.

Peut-on cumuler maire et d’autres mandats indemnisés ?

Le cumul d’indemnités est possible selon les mandats, mais le total est plafonné et, au-delà, il y a écrêtement et reversement de l’excédent.

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