Contacter le RAFP et comprendre vos points de retraite

Entre les sigles, les points, et les interlocuteurs qui changent selon que vous êtes en activité ou déjà retraité, la retraite additionnelle de la fonction publique peut vite devenir un petit labyrinthe.

L’idée est simple : une partie de vos primes (et de certains avantages) sert à alimenter un compte à points, qui sera transformé en capital ou en rente au moment de votre départ.

Et quand quelque chose cloche (points manquants, coordonnées à mettre à jour, paiement en attente), la première étape consiste souvent à… parler au bon acteur, pas au premier numéro trouvé sur internet.

Retraite additionnelle des fonctionnaires : ce que vous financez réellement

La retraite additionnelle de la fonction publique est un régime complémentaire obligatoire réservé aux fonctionnaires. Elle vient s’ajouter à la retraite de base versée par le Service des retraites de l’État (SRE) pour les fonctionnaires d’État, ou par la CNRACL pour les territoriaux et hospitaliers.

Son principe repose sur des points : les cotisations versées pendant la carrière sont converties en points, puis ces points sont convertis en prestation au moment de la liquidation (départ en retraite).

Dernier repère utile : pour en bénéficier, il faut être admis à la retraite dans le régime de base (SRE ou CNRACL) et avoir atteint l’âge légal. Même en cas de retraite anticipée (invalidité, carrière longue, handicap…), l’ouverture du droit à la retraite additionnelle suit cette logique d’âge légal.

Sur quelles primes vous cotisez (et pourquoi la limite de 20 % compte)

La cotisation ne porte pas sur votre traitement indiciaire comme pour la retraite de base, mais sur des éléments annexes : primes et indemnités (quelles qu’elles soient), avantages en nature, et plus largement les rémunérations qui ne cotisent pas au SRE/CNRACL.

Deux limites structurent le calcul :

  • Un plafond d’assiette : l’ensemble de ces éléments est pris en compte dans la limite de 20 % du traitement indiciaire brut annuel.
  • Un double financement : vous cotisez à 5 % des rémunérations retenues, et votre employeur public cotise aussi à 5 %.

Concrètement, si vos primes dépassent le plafond, la partie au-delà n’alimente pas vos points. C’est souvent l’explication la plus simple quand on compare des bulletins de paie “chargés en primes” avec un nombre de points qui paraît faible.

Points acquis : comment les retrouver et pourquoi il manque parfois l’année N-1

Le réflexe le plus fiable consiste à passer par l’espace Ma retraite publique, qui permet notamment de consulter votre compte individuel et vos points.

Deux situations reviennent très souvent :

  • Début d’année : les points de l’année précédente n’apparaissent pas encore. C’est normal : l’affichage suit la déclaration de l’employeur et la mise à jour intervient après, généralement au premier trimestre de l’année suivante.
  • Un écart entre vos calculs et les points inscrits. Le point clé, c’est que votre employeur détient les éléments de calcul (assiette, plafonds, déclarations) : en cas de désaccord, c’est vers lui que la démarche doit partir.

Si vous voulez faire une vérification “à froid”, la logique est mécanique : cotisations totales de l’année / valeur d’acquisition du point = points (arrondis selon les règles).

Capital ou rente : le seuil des 5 125 points et ce que ça change au paiement

Le nombre total de points n’influence pas seulement le montant : il change aussi la forme de la prestation.

  • Jusqu’à 4 899 points : versement sous forme de capital au départ en retraite.
  • De 4 900 à 5 124 points : capital versé en deux temps (une première part au départ, puis le solde au plus tard au 16ᵉ mois).
  • À partir de 5 125 points : versement sous forme de rente, généralement mensualisée.

Ce seuil explique pourquoi deux carrières assez proches peuvent aboutir à des modalités très différentes. C’est aussi un repère utile quand on se demande “pourquoi je n’ai pas une rente” : il ne s’agit pas d’un choix à cocher, mais d’une règle liée au volume de points.

Valeur du point en 2026 : acquisition, service et impact concret sur votre prestation

Deux valeurs cohabitent et elles n’ont pas le même rôle :

  • Valeur d’acquisition : sert à convertir vos cotisations annuelles en points. Pour 2026, elle est fixée à 1,45960 €.
  • Valeur de service : sert à convertir vos points en prestation à la liquidation. Pour 2026, elle est fixée à 0,05671 €.

Ces valeurs ont été revalorisées pour 2026 (décision arrêtée fin 2025), et la revalorisation s’applique aux prestations liquidées à compter du 1er janvier 2026.

Un point de méthode : quand vous lisez une simulation, vérifiez toujours l’année de départ utilisée. Un départ en 2025 ou en 2026 ne repose pas sur les mêmes paramètres, même si l’écart peut sembler faible.

Contacter le RAFP : le bon canal selon que vous êtes actif, retraité ou employeur

Le premier tri à faire est votre statut, parce que les canaux et les “bons interlocuteurs” ne sont pas les mêmes.

Si vous êtes en activité

  • Pour connaître vos points : accès via Ma retraite publique.
  • Pour une question de calcul, d’assiette, de régularisation ou de situation particulière : votre employeur est l’interlocuteur unique (c’est lui qui déclare et peut corriger).

Si vous êtes retraité

  • Courrier postal (gestion des prestations) :
    Caisse des Dépôts – RAFP – 6, place des citernes – TSA 30007 – 33044 Bordeaux Cedex.
  • Téléphone (serveur vocal 24/7) : 05 56 11 40 40.
  • Téléphone (chargé d’accueil, horaires de bureau) : 05 56 11 40 60, du lundi au vendredi 9h–12h30 et 13h30–17h.
  • Message en ligne : via Ma retraite publique, rubrique “Mes échanges”.

Si vous êtes employeur public

  • Centre d’appels dédié : 09 70 80 93 29.
  • Plateforme employeurs (PEP’s) : accès depuis l’espace employeur.

Et pour l’établissement (ERAFP) lui-même

L’ERAFP a son siège à Paris (adresse institutionnelle), utile surtout pour les informations “institutionnelles” et les contacts formalisés : 12 rue Portalis, 75381 Paris Cedex 08.

Avant d’appeler ou d’écrire : les infos à préparer pour éviter les allers-retours

Le gain de temps se joue souvent sur trois lignes bien remplies, plutôt que sur un appel supplémentaire.

Pour un retraité, le minimum à préparer :

  • votre identité (nom) ;
  • votre numéro de pension complet ;
  • si vous répondez à un courrier reçu : les références présentes sur le courrier (la vignette en bas à gauche est prévue pour ça).

Pour l’accès à Ma retraite publique lors d’une première connexion, les éléments demandés sont généralement :

  • numéro de sécurité sociale (avec clé) ;
  • adresse e-mail (avec lien de confirmation à activer dans un délai indiqué).

Pour un actif qui cherche à comprendre un nombre de points, gardez aussi votre bulletin de paie (primes, avantages en nature) : c’est l’assiette qui déclenche la plupart des écarts, surtout avec le plafond de 20 %.

Blocage, désaccord, régularisation : qui peut vraiment corriger votre dossier

C’est tentant d’écrire “au régime” dès qu’on voit une anomalie, mais sur le RAFP le circuit est plus strict.

  • Désaccord sur les cotisations ou les points en cours de carrière : l’employeur est la porte d’entrée, car il détient les éléments de calcul et transmet les déclarations annuelles.
  • Points de l’année N-1 absents en tout début d’année N : la plupart du temps, c’est un calendrier normal d’alimentation du compte, pas une perte de droits.
  • Retraité : question de versement, de coordonnées, de dossier liquidé : le canal le plus efficace est souvent “Mes échanges” dans Ma retraite publique, ou le courrier avec références complètes.

Un autre cas classique : on “mélange” les régimes. Le RAFP est complémentaire, mais la demande se déclenche dans la dynamique de départ à la retraite, au même moment que la demande de pension de base.

CSG/CRDS et fiscalité : à quoi s’attendre lors du versement

La prestation issue de la retraite additionnelle peut être soumise à des prélèvements sociaux, notamment CSG et CRDS, avec des taux qui varient selon les revenus du foyer.

Selon la situation, une contribution supplémentaire peut aussi s’appliquer (CASA).

Sur la forme de versement (capital ou rente), la logique reste la même : ce n’est pas “une prime”, mais une prestation de retraite, donc le cadre social et fiscal n’est pas celui d’un versement exceptionnel de salaire.

Quand un montant reçu ne correspond pas à la simulation “brute”, la cause la plus fréquente tient à ces prélèvements et au décalage entre le brut affiché et le net versé.

FAQ

Quel numéro appeler pour parler à un conseiller RAFP quand on est retraité ?

Le serveur vocal est joignable au 05 56 11 40 40 (24h/24, 7j/7). Pour joindre un chargé d’accueil, le 05 56 11 40 60 est indiqué sur des horaires de bureau (lundi–vendredi, 9h–12h30 et 13h30–17h).

Je suis en activité : pourquoi on me renvoie vers mon employeur ?

Les points sont calculés à partir des cotisations déclarées par votre employeur, et les régularisations passent par lui. En cas de désaccord sur le montant de cotisations ou le nombre de points, la démarche doit donc démarrer côté employeur.

À partir de combien de points a-t-on une rente ?

La rente est prévue à partir de 5 125 points. En dessous, la prestation est versée sous forme de capital (avec un cas intermédiaire entre 4 900 et 5 124 points, où le capital peut être versé en deux fois).

Quelle est la valeur du point en 2026 ?

Pour 2026, la valeur de service du point est de 0,05671 € et la valeur d’acquisition est de 1,45960 €.

Pourquoi mes points de l’année dernière ne sont pas encore visibles ?

En début d’année, l’absence des points de l’année N-1 est souvent normale : les points s’inscrivent après la déclaration annuelle de l’employeur et la mise à jour du compte.

Existe-t-il une prestation de réversion ?

Oui, une prestation de réversion peut être versée sous conditions (conjoint survivant, ex-conjoint dans certaines situations, et enfants orphelins selon conditions).

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