Nouriya. : Un parcours de licence

Bonjour,

Pour commencer, sachez que le droit n’est pas réservé à des personnes spécifiques, des personnes qui parlent « bien », qui écrivent « bien ». En effet, je suis moi-même la preuve qu’on peut commencer de nulle part. Je m’appelle ISSADJI Nouriya et je viens de Madagascar. J’ai un parcours qu’on appelle « basique ». J’ai eu un baccalauréat ES et je pensais que j’étais destinée à devenir comptable ou encore faire du commerce comme tous les élèves en ES. On nous a toujours dit qu’il fallait prendre une filière en rapport avec ce qu’on voulait faire mais à 16ans, comment on fait pour savoir ce qu’on veut devenir, ce pour quoi on se battra ? 
Après mon bac, je me suis inscrite en Droit à Toulouse. D’ailleurs, ce n’était même pas prévu. Puis avec tous les problèmes de l’ancien Parcoursup, APB, j’étais prise à Paris mais je voulais à tout prix venir à Toulouse. Donc je me suis inscrite en Droit et j’espérais secrètement réussir.


J’avais tellement peur. On vous a déjà raconté tous les stéréotypes des étudiants en Droit ? Des études de Droit ? Alors j’ai eu droit à des « faudrait que tu apprennes tous les cours par cœur » ; « tu sais bien parler ? » ; « tu écris comme Molière ou non ? ». En bref, c’était tout sauf ce que je n’étais pas.

Mon premier jour était simple puisqu’en première année, tout le monde est nouveau et donc on cherche tous à avoir quelqu’un pour nous soutenir toute l’année voire les trois ans. Avec le temps, on se dit que la première année n’est pas difficile. Mais quand on le vit sur le moment, on se pose deux grandes questions : « qu’est-ce que je fais ici ? Est-ce que je vais réussir ? ». 

La première année c’est la plus dure. On sort du lycée, on a très peu de temps pour devenir autonome. On devient adulte sans même avoir le temps de s’en rendre compte. Au lycée, on est dans une classe avec des professeurs qui nous connaissent, nos difficultés, et surtout qui nous aident. Alors qu’à la fac, c’est tellement différent. On est 300 voire plus, dans un amphi. Le professeur parle et nous, on doit commencer par trouver une méthode : certains écrivaient dans un cahier, d’autres sur ordinateur, ou encore enregistrement, ... J’étais avec mon cahier et mon stylo. J’écris le premier mot et le professeur était déjà au paragraphe 5, de la section 4 et du chapitre 6. 
Le Droit est réputé par sa méthodologie. On nous dit 50 fois par jour qu’il faut apprendre la méthodologie du commentaire, puis de la dissertation, ou du commentaire comparé etc. J’avais vraiment du mal mais personne ne pouvait m’aider ; les professeurs n’ont pas le temps de vous expliquer ; les chargés de TD ont trop de classes à gérer. En gros, vous devez vous faire confiance, vous devez vous débrouiller et puis ça ira. 

J’ai réussi la première année mais je n’avais même pas encore fait la moitié du chemin. Je me demandais si je devais continuer ou non. Puis bon, si j’ai réussi la première alors je peux tenter la deuxième ! Why not ? En deuxième année, je n’avais toujours pas de méthode pour réviser. Mon premier semestre était « catastrophique » et c’est seulement à la fin de l’année que j’ai compris comment il fallait procéder dans ses révisions, etc. Apprendre par cœur ne me permettait pas de réussir mais j’essayais de faire comme tout le monde. Maintenant, je suis en troisième année, tout n’est que bonheur malgré toutes les difficultés. 

Je travaille en parallèle de mes études. Au début, fallait que je m’organise mais quand on veut, on peut. Les seules choses que je peux vous dire c’est que le droit permet d’avoir confiance en soi. En effet, on vous laisse tellement seul, seul face à tous les autres, à toutes les matières, à tout ce qu’on vous demande, que la seule solution c’est de croire en nous-même. 

J’ai commencé une année totalement perdue, et je n’avais aucune confiance en moi. Entre temps, j’ai pu évoluer et j’adore le Droit finalement. Malgré tout ce qu’on vous dit, tout ce que vous vivez, même si c’est dure, à partir du moment où on a appris quelque chose et qu’on trouve notre manière de travailler, on ne peut que réussir. J’ai appris à m’adapter, et j’en suis réellement fière. Et un petit secret, ce n’est pas parce qu’on vous dit que quelque chose que c’est forcément vrai. On m’a toujours dit que je n’y arriverai pas, et réussir jusqu’à maintenant, c’est ma plus belle fierté. 

Nouriya

 

 

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